Notre second single: “My Fine Lord”

Novembre 1970, quelques mois après que les Beatles se soient officiellement séparés, George Harrison publie son premier album solo ‘All Things Must Pass’ (un triple album en fait). Le premier single qui en est extrait, ‘My Sweet Lord’, sera l’un des plus grands succès commerciaux de 1971 mais également de la carrière de George Harrison. Malheureusement, un procès interminable opposera l’ex-Beatle aux éditeurs de la chanson de Ronald Mack ‘He’s So Fine’, un hit de l’année 1963 (quatre semaines d’affilée N°1 au Top 100 américain) interprété par les Chiffons, un groupe féminin originaire de New York. Bien que la chanson de George Harrison fasse, du propre aveu de celui-ci, également référence à l’hymne chrétien ‘Oh Happy Day’, il perdit son procès mais pas son honneur car le juge estima que l’ex-Beatleavait certes plagié mais de manière très probablement involontaire, de façon subconsciente.
Comble de l’ironie, Allen Klein, dont la probité est douteuse, avait été le manager des Beatles et donc aussi de George Harrison au début de sa carrière solo. Il racheta, en 1978, les droits de ‘He’s so Fine’ espérant ainsi toucher le pactole de la part de son ancien client. Mal lui en a pris, le juge eut vent de la manoeuvre et réduisit le montant des dommages
et intérêts imposés à Harrison de 1.570.000 $ à 570.000 $. C’est finalement Harrisongs Ltd, l’éditeur du catalogue de Harrison qui racheta les droits du morceau ‘He’s So Fine’. Harrison devenant ainsi propriétaire des droits du morceau
dont le sien était inspiré.
Il serait évidemment très dommage de réduire le pur chef d’oeuvre de Harrison à cette triste histoire juridico-légale alors qu’il s’agit là d’une des plus belles chansons enregistrées, par George Harrison, mais aussi par une multitude d’artistes comme Billy Preston, Andy Williams, Peggy Lee, Johnny Mathis, Edwin Starr, Julio Iglesias, Richie Havens, Boy George, Elton John, Eliott Smith, … pour n’en citer que les plus connus.

La nouvelle version ‘deux en un’ de Lara Palmer & the Indian Runners : ‘My Fine Lord’
Véritable dialogue direct avec Dieu, avec des mots simples qui transcendent toutes les religions et toutes les croyances, cette chanson mystique entre toutes se mélange ici, dans cette version pour le moins originale, un peu iconoclaste mais tout à fait inédite avec, ô sacrilège, le hit style Tamla-Motown des Chiffons qui en était à la source (inconsciente ou
subconsciente). Quand les doo-lang doo-lang doo-lang se mêlent aux Hare Krishna et autres Gurur Brahmā et Gurur Viṣṇur, que les guitares électriques dansantes soul se fondent dans les guitares acoustiques millésimées des Beatles et que les rythmes blacks syncopés de New-York se mélangent aux incantations du sitar et des tablas indiens, la diversité des genres musicaux exprime enfin la diversité des croyances du monde en une nouvelle version vraiment universelle de ce grand classique de George Harrison, ‘le gentil Beatle’. La superbe voix de Lara Palmer survole ici les admirables mélodies de ces deux hymnes à la fois mythiques et mystiques, à l’histoire mouvementée, et qui désormais n’en font plus qu’une, dans une version dorénavant apaisée et réconciliatrice. Maintenant que les différents protagonistes de cette incroyable saga ne sont plus là, espérons qu’ils apprécieront, de là où ils sont, la réconciliation définitive de ces deux superbes chansons.

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