Hold On, I’m Coming

C’est déjà le quatrième single de Lara Palmer & The Indian Runners qui précède de quelques mois la parution de son premier album « Gratitude » en septembre prochain.

Est-il encore utile de présenter ‘Hold On’ cet immense hit figurant sur le premier album éponyme de Sam & Dave (sur Atlantic Records – Stax) paru en 1966 et l’un de leurs plus grands succès, en tête des charts américains dès sa sortie ?

Sam & Dave, duo soul et rythm’n blues de génie à qui l’on doit, outre cet énorme hit, d’autres classiques comme ‘Soul Man’, ‘I Thank You’, ‘You Don’t Know Like I Know’, ‘When Something is Wrong with My Baby’ etc. Entre 1965 et 1968, c’est-à-dire les années où Sam & Dave enregistraient sur le label Stax, peu d’artistes soul peuvent se vanter d’aligner consécutivement 10 singles dans le Top 20 et 3 albums dans le Top 10, à part peut-être la grande Aretha Franklin.

Notons que la musique d’Hold On a été composée par le tandem Isaac Hayes/David Porter, compositeurs maison chez Stax. La légende dit que le titre leur est venu spontanément alors qu’Isaac Hayes demandait à son compère de se dépêcher d’aller aux toilettes parce qu’il était pressé de reprendre le boulot aussi vite que possible. Porter aurait répondu « Hold on, I’m Coming ».

C’est donc à un monument de la musique soul et rythm’n blues que Lara Palmer et son boys band ont osé s’attaquer cette fois-ci. Et le résultat est décoiffant.

Tout en préservant l’énergie et le groove irrésistible de la version originale (interprétée par Booker T & the MG’s, ne l’oublions pas), Lara Palmer a réussi l’exploit d’y insuffler sa touche personnelle avec une puissance vocale digne de … Aretha Franklin justement. Les Indian Runners, tout en osant une approche quasi iconoclaste de ce classique, allient les rythmes disco des seventies, des touches électro des eighties et des guitares affutées actuelles que ne renierait pas Franz Ferdinand. 

Petit détail : le riff de base, la signature-même de ce classique, joué par les cuivres sur la version originale, est ici joué sur les touches d’un ancien téléphone fixe, comme un appel à l’aide, un appel au secours :

« Reach out to me for satisfaction

Call my name now for quick reaction »

Après les trois singles précédents (’Ode to Billie Joe’, ‘My Fine Lord’ et ‘Jealousy’), nul doute que Lara Palmer et ses Indian Runners montrent ici, de façon à la fois brillante et originale, une autre facette de leur personnalité musicale.  

Jealousy

Déjà la troisième sortie en single pour Lara Palmer & The Indian Runners, après ‘Ode to Billy Joe’ et ‘My Fine Lord’, voici ‘Jealousy’.
Jealousy, superbe ballade écrite par Neil Tennant et Chris Lowe, mieux connus sous le nom de Pet Shop Boys. Il s’agit de la toute première chanson composée par Chris Lowe («sur le piano de la maison de ses parents») et à laquelle il demande à son ami Neil Tennant d’ajouter des paroles. Un texte assez direct et fort sur un la jalousie.

At dead of night, ’till break of day,
Endless thoughts and questions keep me awake
Where’ve you been ? Who’ve you seen ?
You didn’t phone when you said you would !
Do you lie ? Do you try to keep in touch?
You know you could
I’ve tried to see your point of view
But could not hear or see for jealousy.

Paradoxalement, cette chanson magnifique fut laissée de côté pour les trois premiers albums du duo. Ils avaient contacté, sans aucun complexe, le grand Ennio Morricone afin de lui demander de composer un arrangement orchestral pour cette chanson, ce que ce dernier ne fit pas. C’est finalement Harold Faltermeyer (deux Grammy Awards pour le générique du Flic de Beverlly Hills et pour celui de Top Gun) qui s’en chargea et la chanson apparut finalement, 9 ans plus tard, sur le 4ème album des Pet Shop Boys intitulé ‘Behaviour’, paru en 1991. L’album fut un immense succès, avec d’autres titres magnifiques tels que ‘Being Boring’ ou ‘My October Symphony’.

Ici, la voix de Lara est posée sur une orchestration toute en finesse, commençant par un simple accompagnement au piano, joué par Jean-François Moulin(1), rejoint rapidement par la guitare acoustique de Marc Deprez, et qui débouche petit à petit sur une orchestration ample et majestueuse de cordes signée par Tim Gouverneur(2). Enfin, cerise sur le gâteau, Philippe Reynaert(3), qui passait en ami durant les sessions d’enregistrement, a gentiment accepté d’y poser quelques notes d’accordéon, envoutantes et romantiques à souhait, pour faire de cette chanson une des plus sensibles parmi celles qui paraitront en septembre prochain sur le premier album de Lara Palmer and The Indian Runners. Le morceau a été enregistré, arrangé et mixé par Paul Englebert.

(1) Jean-François Moulin est claviériste et pianiste autodidacte de talent et compositeur reconnu, auteur de nombreux enregistrements et Lauréat, entre autres, de la Biennale de la chanson française.
(2) Tim Gouverneur est l’auteur de nombreuses pièces musicales. Les plus
importantes sont un cycle de danses pour piano, « le petit dancing en bois » (sextuor), une danse insomniaque pour 13 instruments, « les oreilles de
Midas », « la danse d’Aristophane », et d’innombrables miniatures pour toute sorte de formations.
(3) Philippe Reynaert : présentateur/animateur de télévision belge, ex-publicitaire et éminence cinématographique de la Communauté française de Belgique, directeur de Wallimage.

Notre second single: “My Fine Lord”

Novembre 1970, quelques mois après que les Beatles se soient officiellement séparés, George Harrison publie son premier album solo ‘All Things Must Pass’ (un triple album en fait). Le premier single qui en est extrait, ‘My Sweet Lord’, sera l’un des plus grands succès commerciaux de 1971 mais également de la carrière de George Harrison. Malheureusement, un procès interminable opposera l’ex-Beatle aux éditeurs de la chanson de Ronald Mack ‘He’s So Fine’, un hit de l’année 1963 (quatre semaines d’affilée N°1 au Top 100 américain) interprété par les Chiffons, un groupe féminin originaire de New York. Bien que la chanson de George Harrison fasse, du propre aveu de celui-ci, également référence à l’hymne chrétien ‘Oh Happy Day’, il perdit son procès mais pas son honneur car le juge estima que l’ex-Beatleavait certes plagié mais de manière très probablement involontaire, de façon subconsciente.
Comble de l’ironie, Allen Klein, dont la probité est douteuse, avait été le manager des Beatles et donc aussi de George Harrison au début de sa carrière solo. Il racheta, en 1978, les droits de ‘He’s so Fine’ espérant ainsi toucher le pactole de la part de son ancien client. Mal lui en a pris, le juge eut vent de la manoeuvre et réduisit le montant des dommages
et intérêts imposés à Harrison de 1.570.000 $ à 570.000 $. C’est finalement Harrisongs Ltd, l’éditeur du catalogue de Harrison qui racheta les droits du morceau ‘He’s So Fine’. Harrison devenant ainsi propriétaire des droits du morceau
dont le sien était inspiré.
Il serait évidemment très dommage de réduire le pur chef d’oeuvre de Harrison à cette triste histoire juridico-légale alors qu’il s’agit là d’une des plus belles chansons enregistrées, par George Harrison, mais aussi par une multitude d’artistes comme Billy Preston, Andy Williams, Peggy Lee, Johnny Mathis, Edwin Starr, Julio Iglesias, Richie Havens, Boy George, Elton John, Eliott Smith, … pour n’en citer que les plus connus.

La nouvelle version ‘deux en un’ de Lara Palmer & the Indian Runners : ‘My Fine Lord’
Véritable dialogue direct avec Dieu, avec des mots simples qui transcendent toutes les religions et toutes les croyances, cette chanson mystique entre toutes se mélange ici, dans cette version pour le moins originale, un peu iconoclaste mais tout à fait inédite avec, ô sacrilège, le hit style Tamla-Motown des Chiffons qui en était à la source (inconsciente ou
subconsciente). Quand les doo-lang doo-lang doo-lang se mêlent aux Hare Krishna et autres Gurur Brahmā et Gurur Viṣṇur, que les guitares électriques dansantes soul se fondent dans les guitares acoustiques millésimées des Beatles et que les rythmes blacks syncopés de New-York se mélangent aux incantations du sitar et des tablas indiens, la diversité des genres musicaux exprime enfin la diversité des croyances du monde en une nouvelle version vraiment universelle de ce grand classique de George Harrison, ‘le gentil Beatle’. La superbe voix de Lara Palmer survole ici les admirables mélodies de ces deux hymnes à la fois mythiques et mystiques, à l’histoire mouvementée, et qui désormais n’en font plus qu’une, dans une version dorénavant apaisée et réconciliatrice. Maintenant que les différents protagonistes de cette incroyable saga ne sont plus là, espérons qu’ils apprécieront, de là où ils sont, la réconciliation définitive de ces deux superbes chansons.

Sur iTunes , sur Amazon ou sur Spotify

Ode To Billy Joe

Notre premier single est sorti ce 30 novembre 2017.

C’est une version vitaminée de la chanson « Ode To Billy Joe » de Bobbie Gentry, sortie il y a 50 ans. Bobbie Gentry l’a enregistrée en une heure, le 10 juillet 1967, dans les studios Capitol à Hollywood. Restée quatre semaines à la première place du BillBoard américain, elle y détrôna « All You Need Is Love ». Reprise par de nombreux artistes tel Franck Sinatra ou Ella Fitzgerald, et traduite en français pour Joe Dassin sous le titre « Marie-Jeanne », elle a toujours conservé son rythme mid tempo et syncopé. Nous l’avons jouée en imaginant comment les Kinks, les Who ou encore Lenny Kravitz l’auraient eux-mêmes interprétée.

Vous pouvez l’écouter sur ce site, ou sur Spotify, Apple Music, iTunes, Amazon, Deezer, Onze Heures, Midi, etc…

Ode to Billy Joe sur Amazon

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